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COMMENT PRENDRE EN CHARGE LES DEMANDEURS D’ASILE QUI SOUFFRENT DE RÉACTIONS POST-TRAUMATIQUE ?

PRENDRE EN CHARGE LES DEMANDEURS D’ASILE QUI SOUFFRENT DE RÉACTIONS POST-TRAUMATIQUES ?

UN DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL AU CADA

By Cider J

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Publish Date

2026

Publisher

Sans éditeur

Language

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Pages

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Description:

Ce mémoire explore la prise en charge des demandeurs d’asile souffrant de réactions post‑traumatiques, à partir d’une longue expérience professionnelle en CADA et d’un travail clinique amorcé il y a plus de vingt ans. L’auteur part d’un constat : l’exil, les violences subies et les procédures administratives produisent ou aggravent des traumatismes psychiques profonds. Les demandeurs d’asile arrivent souvent avec des blessures invisibles — torture, viols, humiliations, pertes — et voient leur état se détériorer durant les mois d’attente, dans un système qui peut réactiver la souffrance plutôt que la soulager. Le mémoire s’appuie sur une réflexion théorique (Freud, Ferenczi, Crocq, Nathan, Barrois…) et sur une expérience personnelle de l’hypnose, permettant de comprendre comment le psychisme enregistre de manière anarchique les éléments d’effroi. L’auteur illustre ce mécanisme par des cas cliniques, notamment celui de Mme E., dont une phrase entendue dans l’enfance (« tu as tué ton petit frère ») réapparaît des décennies plus tard lors d’une transe spontanée. Ces observations éclairent la manière dont les demandeurs d’asile revivent leurs traumatismes : flash‑backs, douleurs, sidérations, confusion temporelle, hypervigilance, cauchemars, perte du sommeil, de la dignité, du lien social. Beaucoup disent : « Je ne suis plus comme avant », « Je n’ai plus le goût de vivre », « Je ne dors que le matin quand le jour arrive ». Les entretiens menés avec huit personnes traumatisées montrent des thèmes récurrents : confrontation à la mort, incompréhension (« je veux savoir pourquoi »), haine, perte de soi, impossibilité de se projeter dans l’avenir, sentiment d’être perçu comme fou. Pourtant, la parole partagée dans un cadre sécurisant apporte un soulagement : « C’est bon de parler, j’ai le cœur léger », « J’espère que tout ce qu’on a dit servira à aider d’autres ». Le mémoire analyse ensuite le paradoxe institutionnel : les procédures OFPRA et CRR, nécessaires juridiquement, sont souvent traumatogènes. Le rejet de l’OFPRA — dans 95 % des cas — est vécu comme une négation de l’existence même du traumatisme. La préparation au recours oblige à revivre les scènes de torture, parfois jusqu’à la sidération ou la tentative de suicide. Le travailleur social se retrouve pris entre deux impératifs contradictoires : obtenir un récit cohérent et précis, tout en évitant de réactiver la souffrance. Face à cela, l’auteur propose un dispositif expérimental au CADA : un espace de parole collectif, non connoté à la folie, réunissant psychologue, travailleurs sociaux, interprète et proches. L’objectif est de permettre une exposition contrôlée aux souvenirs traumatiques, de reconstruire du sens, de relier le passé au présent, de contextualiser politiquement la violence, de restaurer la dignité et le lien social. Les premières expériences montrent l’importance de la formation des travailleurs sociaux, parfois déstabilisés par la violence des récits. La conclusion ouvre sur une réflexion plus large : la France a une responsabilité envers ces « grands brûlés de l’âme », mais elle porte elle‑même des zones d’ombre historiques non assumées. L’auteur plaide pour une rencontre entre approches psychothérapeutiques, sciences modernes et traditions anciennes (hypnose, rituels, mythes), afin de mieux comprendre et soigner le traumatisme psychique réel. Il rappelle enfin que victimes et bourreaux peuvent être les deux faces d’une même humanité blessée, et que seule une écoute véritable peut permettre de « panser les blessures de l’âme »